Nous avons posé quelques questions à Robin Golt, l’une des fondatrices de l’Anusara et référence depuis plus de 25 ans dans l’art de transmettre le yoga.

Peux-tu nous raconter ta rencontre avec le yoga ?

J’avais une vingtaine d’années. Je me suis inscrite à mon premier cours sans trop savoir ce qu’était le yoga. Je me souviens que l’enseignant, qui était habillé tout en blanc, a demandé à notre groupe « Pourquoi faisons-nous du yoga ? » Et comme personne n’a pu lui apporter de réponse satisfaisante, il nous a dit : « Le yoga est une pratique spirituelle. Nous en faisons pour nous connaître plus profondément. » Je ne voyais pas ce qu’il entendait par là, il ne nous en pas dit plus. Nous avons ensuite enchaîné avec quantité de postures physiques, je me souviens que beaucoup faisaient travailler la sangle abdominale, mais il n’a plus évoqué cette dimension spirituelle pour le restant du cours. Évidemment, des années après, ma compréhension et mon expérience du yoga ont beaucoup évolué, et mon enseignement partage cette vision du yoga comme pratique spirituelle. Je suis heureuse d’aider mes élèves à expérimenter cette connexion directe entre le corps et l’esprit. Finalement, je remercie ce premier professeur en blanc qui a planté une graine durant ce cours et m’a poussée à grandir dans tant de directions !

Pourquoi, à un moment, avoir choisi la voie de l’Anusara ?

L’Anusara Yoga n’existait pas réellement quand j’ai commencé à le pratiquer ! J’ai eu la chance de faire partie d’un groupe de personnes qui travaillait sur ses principes et sa philosophie avant que la méthode ne reçoive son nom et ne devienne plus officielle. En ce sens, on pourrait dire que l’Anusara a grandi avec nous. Il s’est développé pour répondre à un besoin réel que beaucoup d’entre nous ressentaient à cette époque de proposer une approche de la pratique qui reconnaissait ce qu’on appelle « le pouvoir de la grâce », c’est-à-dire l’importance de rester proche de ce que l’on ressent et du besoin d’incarner et de donner vie à de beaux enseignements ésotériques. Je ressens toujours autant de gratitude d’avoir fait partie de cette naissance.

Quelle est ta posture préférée ?

Est-ce que je dois vraiment en choisir une ? Il y en a tellement que j’aime ! Mais je dirais malgré tout Urdhva Dhanurasana (la roue). J’aime les flexions arrière d’une manière générale, mais celle-ci en particulier me libère vraiment la tête. Et il y a tellement de façons de l’aborder ! Avec des props (accessoires), en tant que posture dynamique et stimulante lorsque vous y arrivez depuis Tadasana (la montagne), et en tant que pose « de communion », que l’on amène avec un partenaire, ou deux… ou trois !